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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 23:03

 

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Nous avons passé jeudi dernier à BLOIS un moment fort en émotions en regardant et en écoutant Philippe CROIZON au cinéma LES LOBIS.

Philippe CROIZON, c’est  l’homme amputé des quatre membres qui a réalisé la traversée de la Manche à la nage avant de relier l’an passé, toujours à la nage et symboliquement, les cinq continents. Le film projeté jeudi dernier n’était pas un reportage sur ses exploits sportifs mais un portrait de l’homme, de ses proches, de sa façon de relever les défis. Cela fut tout à la fois une leçon de courage,  une leçon d’humilité, une  leçon de vie, une leçon d’essentiel.

Une leçon de courage parce que ce qu'a fait Philippe CROIZON  n’est pas surhumain, mais simplement extraordinaire.

Une leçon d’humilité parce qu’il a appris à ne pas vouloir être autre chose que ce qu’il est, ce qui n’est déjà pas simple quand on a la chance d’avoir son intégrité physique, mais qui doit être terriblement plus difficile quand un accident vous a privé de vos bras et de vos jambes.

Une leçon de vie parce que, peut-être plus qu’un autre, avec l’aide et l’amour de ses proches, cet homme est vivant, volontaire, combattif, acteur, actif.

Une leçon d’essentiel enfin car s’il est une chose qu’on a pu ressentir à travers son film et ses propos, c’est qu’une saleté d’évènement comme celui qu’il a subi oblige à se recentrer sur les seules choses primordiales d’une vie qui ne sont pas : « quand est-ce qu’on mange ?» ni  « qu’est-ce qu’on regarde ce soir à la télé ? », mais plutôt sachons témoigner et vivre de et par l’amour autour de nous.

Philippe CROIZON, meurtri dans sa chair, nous rappelle avant tout que nous sommes humains par notre esprit avant de l’être par notre corps. C’est un peu comme si cet homme, privé de ces morceaux de lui, était encore plus homme par la force de son cœur. On oublie à son contact qu’on avait ce matin un peu bobo là. On oublie nos problèmes d’ego, nos problèmes de doigts de pieds trop longs, nos problèmes de nez qui coule, on oublie nos problèmes de gens qui, au fond, n’ont pas les moyens d’avoir de vrais problèmes.

J’ai surtout été frappé de voir comment ce grand garçon de 45 printemps sait laisser libre cours à ses sentiments, comment il sait lâcher la bonde, comment il ne lutte pas quand les émotions l’envahissent, comment il sait nous ramener l’essentiel, à savoir que nous sommes en vie et qu’autour de nous se trouvent des gens qui nous aiment.

Monsieur CROIZON, nous ne vous dirons jamais assez merci pour la bouffée d’air frais que vous avez su nous apporter.

La semaine prochaine, je vous parlerai donc de l’influence de l’amour sur le mauvais déroulement de la guerre.

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 07:03

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Faut-il donc travailler le dimanche ? La question mérite d’être posée. Personnellement je m’en fiche, je ne travaille que le mercredi, mais cela ne m’empêche pas d’être concerné, c’est ça les belles consciences.

Je vous repose donc la question : faut-il oui ou non travailler le dimanche ? Pourquoi les curés bossent-ils quand les rabbins sont en sabbat ? Pourquoi puis-je acheter des fleurs le dimanche mais pas un tournevis ? Pourquoi les boutiques des aéroports sont-elles ouvertes pendant que celles des gares sont fermées ?…Autant de mystères qui trouvent leur explication dans une bible moderne appelée par les initiés « Code du Travail ».

Comme la Bible, le Code du Travail est un document épais, parfois indigeste, et à moins d’avoir la foi du charbonnier, je vous mets au défi de vous l’infuser d’un seul tenant.

Comme la Bible, le Code du Travail est un document peu accessible au profane et nécessite l’intervention d’un exégète, théologien ou avocat c’est selon, pour en comprendre les subtilités.

Comme la Bible, le Code du Travail est surtout un formidable instrument de promotion des ordres contemplatifs, de tendance monastique ou de tendance ASSEDIC.

Si la diffusion de la Bible doit beaucoup à Saint Paul, la diffusion du Code du Travail est l’un des meilleurs soutiens à Saint Pôle Emploi. La ressemblance s’arrête là. En effet, contrairement à la Bible, le Code du Travail est un document sacrosaint dont on ne saurait déroger.

Alors diantre, peste, fichtre et foutre, de quoi sont donc allés se mêler les juges du Tribunal de Commerce de Bobigny en allant proscrire l’ouverture des magasins de bricolage le dimanche quand tout le monde, salariés, clients et patrons semblait y trouver son compte ?

Mais c’était compter sans la vaillance du gouvernement. Car, v’là-t-y pas que LEROY MERLIN, CASTORAMA et consorts étaient ouverts dimanche que Matignon se fendait d’un communiqué plein d’espoir. Sous le haut patronage du grand Jean-Marc AYRAULT, l’homme qui est à la décision ce que le  Chamallow est à la consistance alimentaire, sous son haut patronage donc se réunirent pas moins de quatre ministres sur ce sujet brûlant. Je dois avouer qu’ils ne nous ont pas déçus puisqu’ils ont pris, sur le champ, une décision ferme, formidable et irrévocable en confiant, sans trembler, une mission sur le travail du dimanche à Jean-Paul BAILLY, l’ancien patron de La Poste qui remettra son rapport dans deux mois. Ça, au moins, ce n’est pas se débarrasser de la patate chaude !

Je me suis dit en lisant le communiqué de presse que tout d’abord, il fut heureux que ces cinq-là se réunissent en urgence, avant de saluer in petto l’immense décision qui venait d’être prise. Sans cela, on aurait pu avoir l’impression d’être gouverné par des charlots…

Parce que, une mission, permettez-moi de vous le dire, ce n’est pas n’importe quoi. Une mission, elle rend un rapport, un rapport qui dira ce qu’il faudrait faire, comme par exemple le rapport MINC en 1994, le rapport ATTALI en 2008 ou encore le rapport GALLOIS en 2012. Une mission, ça met le doigt là où ça fait mal, et le plus important pour le pouvoir en place, de quelque bord qu’il soit, c’est surtout d’enterrer consciencieusement le travail de la mission en prenant soin qu’on ne le retrouve jamais…

La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence des performances de M POKORA dans le collant de Robin des Bois sur la bonne tenue des ventes de DIM.

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 21:10

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Mince alors, Blois ne peut plus se vanter d’avoir le monopole de la fumisterie culturelle ! Après le triomphe de la "Fondation du doute", un triomphe tel qu’il a d'ailleurs fallu cet été installer une banderole pour en montrer le chemin au public, Blois vient de se faire damer le pion par Tours où un « artiste », avec des guillemets quand même parce que dans le cas présent, c’est un peu comme le mot « escroc », c’est à utiliser avec prudence et parcimonie, où un « artiste » disais-je est en train de se livrer à une performance magnifique : Abraham Poincheval, c’est le nom de ce phénomène artistique, va en effet vivre enterré vivant pendant une semaine à l’intérieur d’une buse d’un mètre quatre-vingts de haut sur un mètre de large, une buse enfouie sous terre avec une pierre de trois tonnes posée par-dessus. Le sieur Poincheval a tout prévu pour son séjour, il a même emmené dans son mince bagage un os de bœuf qu’il va sculpter sous terre : on frise le sublime ! On appelle ça une performance artistique.

Où est l’art là-dedans vous demandez-vous peut-être ? Mais il est là, il est devant vous, il est dans le Fluxus, bande d’indécrottables ignares ! Avec le Fluxus on a appris que l’art est où on ne l’attend pas. Passer huit jours enterré dans une buse, c’est une performance artistique !

Le petit Abraham Poincheval n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a déjà vécu huit jours enfermé sous une bibliothèque de Marseille. Et il a de l’ambition, puisqu’il a confié aux journalistes qu’il voudrait prochainement passer 10 jours enfermé à l’intérieur d’un ours empaillé…Non je n’ai pas pris de calva après mon café ce matin, ce sont les propos même de « l’artiste », quel artiste mon Dieu !

Le seul enterré vivant un peu célèbre que je connaissais jusqu’à maintenant  avait réalisé sa performance en Palestine il y a 2000 ans environ, et encore l’histoire dit qu’il était mort avant de se faire emmurer. Cependant, celui-là  ne revendiquait pas le titre d’artiste. Pas plus que Natascha Kampusch ou les séquestrées de Cleveland dont la vie aurait certainement été bouleverséee si elles avaient su qu’elles étaient des « artistes ».

Si vivre huit jours enfermé dans un espace confiné est une performance artistique, que penser des sous-mariniers, des astronautes, des vers solitaires, des campeurs en Bretagne, des constipés, des diarrhéiques : sont-ils tous des enfants de la balle, appartiennent-ils tous à la grande famille du spectacle et des artistes ? Non, heureusement non, cela serait sinon d’une insupportable vulgarité. En fait, la plus belle et sûrement la seule performance de « l’artiste » dans l’affaire, c’est qu’il se fait payer 30.000 € avec l’argent du contribuable pour la réaliser. Et là chapeau l’artiste ! Moi qui doutais de votre génie artistique, j’ai compris en voyant le montant de votre cachet que vous êtes un artiste un vrai, dans la lignée du grand Arsène Lupin !

La semaine prochaine, je vous présenterai une recette médiatique pour réaliser un cocktail explosif à base de caravanes et de Roms à ranger, à ranger où l'on veut mais pas chez nous de préférence...

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 06:28

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Ah, si je n’étais là pour vous rappeler les choses les plus essentielles de l’actualité, vous auriez pu passer à côté d’un évènement de la plus haute importance, à savoir la 23ème cérémonie, le 12 septembre dernier à Harvard, des prix anti-Nobel, des prix un peu farfelus comme leur nom veut l’indiquer, décernés par la très sérieuse association « Improbable Research ».


L’évènement a été d’autant plus marquant que la France s’y est distinguée. Dans la catégorie « psychologie », une équipe de chercheurs de Grenoble  a en effet décroché la palme avec une étude passionnante (je ne l’ai pas encore lue mais j’imagine), qui conclue que plus on boit et plus on se trouve soi-même séduisant. Et, foin des haines séculaires, j’ai pour ma part un faible pour les chercheurs anglais qui se sont illustrés dans le domaine des mathématiques avec une recherche de probabilités qui nous révèle que plus une vache est restée couchée longtemps, plus forte est la probabilité de la voir se lever dans l’instant suivant. Ou encore que considérant une vache debout, il est très difficile de prévoir le moment où elle va se coucher.


Je voudrais remercier ces chercheurs de l’absurde, ces professeurs mabouls, ces gens qui s’intéressent à des trucs qui n’intéressent personne. Ils nous permettent de respirer un peu, de nous faire lever quelques instants le nez de nos feuilles d’impôts ou de nos guerres, lointaines en Syrie ou civiles à Marseille. Ils nous permettent de ne pas oublier qu’il est ô combien utile d’avoir des préoccupations futiles. Ils illustrent à merveille cette jolie phrase de Fontenelle qui disait : « Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant. »


Oui, ne prenez pas la vie au sérieux, ne faites pas comme Valou, 38 ans, qui écrivait samedi à la Nouvelle République, rubrique psychologie en dernière page, et vous pourrez vérifier je ne fais que reproduire ses propos : « Je chausse du 39 pour 1m68. » Là, j’ai envie de dire : « qui s’en fout ? » mais je poursuis la lecture, on est tout de même en dernière page de la Nouvelle République s’il-vous-plaît. Je poursuis donc : « Mes pieds sont très fins et j’ai de très longs orteils. Mon orteil majeur fait 5.5.cm. Je ne montre donc jamais mes pieds ! » Valou, tu n’as rien d’autre à faire qu’à te mesurer le gros orteil ? Est-ce que je me demande, moi pourquoi quand j’ouvre une boîte de médicaments je tombe toujours sur côté où il y a la notice ? Est-ce que je me demande pourquoi les carottes sales coûtent parfois plus cher au supermarché que les carottes propres ?

Je suis prêt à parier qu'une étude d’un anti-Nobel nous permettrait de constater que dans le domaine de la bêtise humaine on peut atteindre l’infini, et sans doute même un peu plus loin...


La semaine prochaine, je vous proposerai une séance de méditation sophrologique à respiration abdominale inversée ayant pour thème la puissante pensée du petit François H, ci-devant locataire de l’Elysée, qui nous a livré dimanche soir une réflexion où le sublime le dispute à la subtilité en déclarant : « les impôts c’est beaucoup donc ça devient trop ! »

 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 19:29

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Ici Blois, les Français parlent aux Français. Les carottes sont cuites. Je répète : les carottes sont cuites.

Autorisez-moi ce matin,  je vous prie, cette saisissante imitation de Radio Londres, celle du temps du grand Charles.

J’en profite, d’abord parce qu’avec mon talent d’imitateur, je vous imagine déjà hilares.

J’en profite surtout parce que bientôt cela ne dira plus rien à personne : de Gaulle vient en effet de se faire éjecter de son chapitre rien qu’à lui dans les manuels d’histoire de 3ème sous prétexte d’alléger les programmes.

Oui, je vais encore vous faire une chronique de vieux bougon qui râle cette semaine, mais que voulez-vous, il faut quand même bien que quelqu’un s’indigne de la fabrique de crétins que devient chaque jour un peu plus l’Education Nationale !

A la radio l’autre matin, une maman s’ébaubissait parce que ses petits chéris à l’école allaient pouvoir faire des tas de trucs passionnant comme de la sculpture ou de l’escalade. Sans nourrir d’inimitié particulière contre Maurice Herzog ou Auguste Rodin, laissez-moi vous dire chère Madame qu’à votre place, je préfèrerais que l’école apprenne à mes enfants à lire, à écrire et à compter. Ce que je vous dis est parfaitement ringard et dépassé, voire réactionnaire, mais permettez-moi quand même de constater que plus le taux de réussite au bac augmente et plus l’orthographe souffre, avec un « f » ou avec deux « f » d’ailleurs, « souffre » ? Permettez-moi de constater encore que moins l’on sait lire et plus l’on se tape dessus parce que quand on ne connaît pas les mots, la violence est un excellent moyen d’expression. Permettez-moi enfin de constater que plus on remplit les filières d’enseignement supérieur et plus le niveau de culture générale diminue comme cette jeune vendeuse fort aimable d’une librairie blésoise qui nous a regardés avec des yeux ronds quand on lui a demandé où trouver du « Sophocle » dans son honorable boutique. La prochaine génération de libraires risque d'être convaincue que de Gaulle est le type qui a inventé les aéroports...

Fabriquer une génération d’inculte est certes moins fatigant que d’essayer de former des hommes libres et responsables. L’excellence ne peut pas être le projet d’une société où les assujettis sociaux vivotent comme ils le peuvent de la mendicité publique pendant qu’on finit de les abrutir à grands coups de téléréalité.

Alors de Gaulle n’est certes pas la première victime. Il y a quelques années, Richelieu avait aussi disparu des manuels d'histoire pour laisser la place à l’enseignement des civilisations médiévales africaines. Toutes ces petites choses permettent de défaire le lien qui faisait un pays, le nôtre, un lien qui traversait les siècles et que la république naissante avait si bien su entretenir, à une époque où l’on passait son temps à être fier de ce que l’on était et non à en avoir honte. 

La semaine prochaine, je vous raconterai une jolie fable qui s’intitule : le menuisier, la scierie et la langue de bois.

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 06:22

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Bonjour et bienvenue pour cette chronique de rentrée. 

Bonjour et bienvenue pour cette chronique de rentrée.

Vous n’êtes pas sourds, allez-vous me dire, même si vous avez peut-être encore un peu de sable collé dans les oreilles, alors pourquoi reprendre deux fois la même phrase ce matin. Mais tout simplement parce que c’est la reprise !

C’est la reprise, et pas seulement chez mon concessionnaire automobile, c’est la reprise à l’école et depuis hier voilà que non seulement reprennent les cours, mais que reprend aussi le joyeux bazar qui accompagne les sorties de classes, ou que reprennent encore des couleurs dorées, les marronniers des cours d’écoles.

Eh oui, c’est la reprise, et pas seulement sur mes chaussettes, même si la reprise n’est pas du goût de tout le monde, pas du goût de France Gall par exemple qui n’a pas apprécié la reprise de ses chansons par Jennifer. La reprise des hostilités n’a pas non plus le vent en poupe notamment depuis que le président américain se demande enfin s’il est vraiment malin d’aller aider Al Quaïda à débarquer un sale type en Syrie car entre la peste et le choléra il n’est pas toujours facile de choisir.

Cependant, même si ça tousse un peu sur le plan diplomatique, c’est la reprise, soyez-en cependant persuadés, c’est la reprise dans notre doux pays qui vibre d’un seul mouvement, qui reprend en chœur jusque dans ses hameaux les plus reculés cette vibrante antienne entonnée par notre cher Président lors de ses vœux du 14 juillet, et reprise par lui-même au mois d’août : c’est la reprise, et pas n’importe laquelle s’il-vous-plaît, la reprise économique.

C’est vrai qu’on a eu une surprise de taille avec, au deuxième trimestre, une croissance économique de 0.5%. "Cornegidouille !" s’exclamèrent les économistes. Quelle bonne nouvelle. La reprise est donc là. Mais dans les heures qui suivirent, un analyste-trouble-fête de l’INSEE venait expliquer que si les chiffres étaient bons, cela était principalement dû au printemps pourri qui a obligé les gens à se chauffer jusqu’au mois de juin et donc à dépenser de l’argent pour acheter de l’énergie.

Moralité : si on veut de la croissance en France, déplaçons-là en Laponie, et là vous allez voir, les économistes de tout poil, vous allez voir de quel bois, de quel charbon, de quelle électricité on va se chauffer. On va vous faire péter les chiffres de la croissance à en provoquer du réchauffement climatique. Sauf que si on réchauffe trop on n'aura plus besoin de se chauffer et que si on ne se chauffe plus on ne fera plus de croissance, et que si on ne fait plus de croissance, comment va-t-on faire pour que la courbe du chômage s’inverse avant la fin de l’année ? Bon sang, qu’est-ce que je préfère être chroniqueur plutôt que ministre de l’économie !

La semaine prochaine, je vous parlerai des progrès discrets de la notion d’état de droit dans les rues de Marseille.

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 07:04

 

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Je vous parlerais bien de tout un tas de sujets ce matin, forcément. Imaginez, un grand bavard comme moi qui vient vous causer dans le poste depuis maintenant deux saisons chaque mercredi matin, je vais être obligé de me taire pour la trêve estivale. 


Mais, par les temps qui courent, un peu de silence n’est pas malvenu. Je me demande même si ce mutisme imposé, si cette retraite vocale, n’arrive pas à point nommé pour éviter de me retrouver en prison. Car en ce moment, gare à qui ne pense pas droit.


Vous pouvez racketter en bande les passagers du RER, vous vous en tirerez avec un peu de sursis. Vous pouvez planquer quelques euros en Suisse en étant ministre du budget de la France, vous vous en sortirez avec une convocation à l’assemblée nationale devant une commission d’enquête. Vous pouvez jeter des cocktails molotov  sur les forces de l’ordre à Notre-Dame des Landes, vous  y gagnerez vos galons de « militant-citoyen ». Vous pouvez saccager une préfecture si votre usine menace de fermer, des sénateurs viendront proposer une loi pour vous amnistier.


En revanche, évitez de manifester contre le mariage pour tous quand notre Président est dans les parages. Le simple fait de manifester, je ne vous parle ni de dégradations ni d’agression, le simple fait de manifester a valu à Nicolas BERNARD BUSSE, un étudiant de 23 ans en école d’ingénieur et histoire géo de prendre deux mois de prison ferme. Alors, même s’il est vrai que c’est principalement dans les écoles d’ingénieurs que prolifèrent hooligans et voyous qui troublent la vie rangée des citoyens ordinaires, le cas de Nicolas BERNARD BUSSE montre que si l’on peut agir quasi-impunément en France, il vaut mieux éviter de penser, et surtout de ne pas penser droit.


Autre exemple, Clément WEILL RAYNAL, journaliste à France Télévision, vient d’écoper de dix jours de mise à pied pour avoir révélé l’existence du fameux « Mur des Cons », lequel « Mur des Cons », rassemblait, au siège du syndicat de la magistrature, les photos des personnes à abattre, principalement classées à  droite ou supposées telles.


J’ai soudain mieux compris pourquoi le socialisme, qu’il soit national ou international, m’a toujours fait peur.

Moi qui prends plaisir à ne pas penser comme tout le monde, qu’est-ce qui risque de m’arriver demain ? J’étais tellement angoissé à cette idée que, lundi matin quand j’ai vu l’arrosage public fonctionner place de la République à BLOIS pour finir de noyer une pelouse qui n’en avait pas besoin, je n’ai même pas osé appeler la mairie pour leur signaler qu’il n’était peut-être pas utile d’employer à cela l’argent de mes impôts. Allez savoir si en faisant montre d’autant d’impertinence et d’esprit de rébellion, je n’allais pas finir derrière les barreaux.


Alors, vivement la rentrée ! Vivement les chroniques au ciel joyeux de la bien-pensance, vive la république des soviets français, vive le politiquement correct, vive la police de la pensée, et mort aux esprits libres !


La semaine prochaine, je ne vous parlerai de rien, je viens de vous le dire, mais à la rentrée, je vous entretiendrai de la capacité des dirigeants sud-africains à faire attendre le ciel pour une sortie de scène bien méritée. Bonnes vacances à vous.

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 06:31

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La France peut être divisée en deux grandes catégories : d’un côté les privilégiés, et de l’autre côté, les « autres ». Si vous avez pris pour argent comptant vos cours d’histoire qui voulaient vous faire accroire qu’au cours de la nuit du 4 août 1789 on avait aboli pour de bon les privilèges, vous êtes soit des naïfs, soit des privilégiés. Prenez l’exemple des retraites. En France les bénéficiaires des régimes spéciaux de retraites, c’est-à-dire pour faire simple, la fonction publique ou assimilée, ces bénéficiaires ont le droit de travailler moins que les autres pour profiter de leur retraite.


Avec, qui plus est, un doublement de leurs points privilèges, puisque le calcul de leur pension de retraite est incroyablement plus avantageux que pour les pauvres salariés du privé, quand sont pris en compte leurs 6 derniers mois de rémunération contre les vingt-cinq meilleures années pour les autres.


200 ans après la révolution, nous voilà donc revenus au point de départ : la société se partage entre les privilégiés, et puis les autres. On trouve pêle-mêle, dans ce tiers-état moderne, les salariés du privé, les commerçants, les artisans et les rock stars. Oui, même les rock stars sont obligées de travailler après 62 ans. Regardez notre Johnny national : 70 printemps sonnés, et obligé de monter sur scène pour gagner un peu de sous! Si c’est pas malheureux de voir les vieux obligés de travailler comme ça à l’âge où ils pourraient jouir d’une paisible retraite !


A moins qu’il n’aime ça finalement et qu’il ait pris plaisir à se retrouver devant 20.000 personnes à Bercy samedi soir. Si ça se trouve, le travail ce n’est pas une maladie honteuse, ce n’est peut-être pas un truc dont il faudrait se débarrasser le plus vite possible pour pouvoir enfin vivre. J’ai même entendu dire qu’il existe des gens qui aiment leur boulot, ce sont très certainement des masochistes, mais je m’interroge. A Blois, la semaine passée, le professeur SAILLANT, Président de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, a tenu une conférence passionnante animée par Pascal Gaultier, où il nous a notamment expliqué que l’activité, professionnelle par exemple, était un excellent moyen de se prémunir des maladies neurologiques.


A l’heure où les tenants de l’Ancien Régime s’accrochent à leurs privilèges comme la moule moyenne à son rocher, à l’heure où les marquis de la CGT, les barons de SUD, les vicomtes de F.O. s’entêtent à vivre aux dépens des générations futures dans le déni le plus élémentaire de la réalité économique, on pourrait également redécouvrir une réalité non plus économique mais ontologique: le travail n’est ni une calamité ni une maladie honteuse, il est même inhérent à l’homme, indissociable de lui. Pour s’épanouir, Messieurs les privilégiés, il ne suffit pas nécessairement de travailler moins, ou le moins possible. Cromagnon, du fond de sa grotte, se levait déjà tous les matins pour aller au boulot, pour chasser le mammouth sans se préoccuper de ses années de cotisation.


La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence de la pensée de Michel Delpech sur le développement de l’accordéon à bretelles dans la campagne solognote.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 05:41

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Le château de Cheverny était sous les feux de la rampe ce week-end avec l’exceptionnelle vente aux enchères d’un coffre ayant appartenu à Mazarin, qu’un musée d’Amsterdam s’est octroyé pour la bagatelle de cinq millions neuf cents mille euro.

Cinq millions neuf, ce n’est pas une paille, mais vous savez, en ce bas monde, tout est relatif. Stéphane Richard, le patron de France Telecom, placé depuis lundi en garde à vue dans l’affaire de l’arbitrage Tapie, vous dirait que ce n’est pas grand-chose, cinq millions neuf, puisque le grand « Nanard » a pris au passage de la fameuse affaire d’arbitrage qui porte maintenant son nom un billet qui ne valait pas moins que 68 coffres Mazarin. C’est classe comme unité de mesure, le « Mazarin ».

– T’as pris combien, Bernard, sur le coût du Lyonnais ?

– 68 Mazarin.

Ça pose, comme réponse. C’est chic, ça permet de se sentir appartenir à un univers particulier, parce que le type qui compte en « Mazarin », il ne fait manifestement pas partie du même monde que moi et peut-être même que vous.  

Imaginez, même Claude Guéant, ancien ministre de l’intérieur, de l’intérieur de ses poches principalement, même Claude Guéant, avec ses 10.000 € en liquide tous les mois, il aurait dû rester en poste pendant 49 ans pour pouvoir se payer  son « Mazarin ». C’est peut-être pour cela, pauvre de lui, qu’il fut obligé de se rabattre sur la peinture flamande, qui reste beaucoup plus accessible.

Toujours pour compter en « Mazarin », la République a gratifié Michel Charasse d’indispensables gardes du corps pendant un peu plus de vingt ans, soit à peine trois-quarts de « Mazarin ». Ce n’est quand même pas grand-chose. C’est simplement  le nécessaire prix à payer pour bénéficier d’une élite politique d’une aussi grande qualité que Michel Charasse, ce grand démocrate qui combattait ses opposants en les menaçant de contrôle fiscal. Quand on mesure l’attention et les soins que nous ont prodigués nos dirigeants ces trente dernières années, on peut admettre qu’une petite protection rapprochée, ça ne compte pas, ou si peu. Sincèrement, Michel Charasse est au quand même au risque politique ce que James Bond est à la belote coinchée, puisqu’il a exercé le dangereux métier de ministre du budget de 88 à 92 (1900 pour les plus jeunes). Et puis on s’aperçoit 20 ans plus tard qu’on paie toujours trois policiers pour assurer la protection d’un type qui ne doit pas en avoir moins besoin que Jean-Pierre Coffe ou Didier Barbelivien.

Cependant, la nécessité de protection ne se mesure pas à la corpulence de l’individu protégé, puisque Sarko du haut de son mètre soixante-neuf a le droit à 10 gardes du corps, soit un « Mazarin » tous les trois ans, contre un « Mazarin » tous les vingt-huit ans pour Charasse qui a pourtant une capacité beaucoup plus évidente que notre ancien président à occuper tout l’espace du viseur d’une carabine.

 

Ah, les subtilités de la politique, c’est finalement comme les « Mazarin », ça me dépasse un peu…

 

La semaine prochaine, je vous parlerai de la radicale influence des erreurs de mise en boîte de médicaments sur le redressement des comptes « vieillesse » de la Sécurité Sociale.

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 20:54

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Le français est une langue vivante, et ce n’est pas Clara Morgane qui viendrait s’en plaindre. Le français est une langue vivante et à ce titre, des mots meurent régulièrement tandis que d’autres mots naissent, ou sont reconnus et font leur entrée, discrète ou tonitruante, dans les pages des dictionnaires. C’est ainsi qu’on a découvert la semaine passée la nouvelle collection printemps-été 2013 du vocabulaire officiel.

 

Si, cette année,  le petit Larousse s’est contenté de quelques rares incursions dans l’argot et la paillardise avec l’apparition de « poilade » dans son édition 2013, allusion à peine voilée aux grands rigolos qui peuplent l’hôtel de Matignon comme par exemple « Jean-Marc la franche poilade » surnommé ainsi tant le personnage fleure bon le calembour et le comique troupier, pas beaucoup moins d’ailleurs que son prédécesseur « Fanfan la franche poilade », candidat malheureux  aux élections truquées de l’UMP, si le petit Larousse s’est contenté de quelques rares incursions dans l’argot et la paillardise disais-je au début d’une phrase qui n’en finit pas et ferait perdre le nord au plus aimanté des auditeurs, si le petit Larousse s’est contenté de quelques rares incursions dans l’argot et la paillardise, ainsi n’en va pas du petit Robert qui nous a gratifiés dans sa dernière livraison de plusieurs entrées remarquables. Par exemple « kéké », mot qui vient du grec « kéké » et qui signifie « kéké ». Mais il n’y a pas que des « kékés » chez Robert, on y trouve aussi des « bombasses », un joli mot plein de poésie et de grâce, un mot qui n’a rien de vulgaire ni d’insultant envers les femmes, envers les meufs pardon. C’est d’ailleurs peut-être pour que les « kékés » achètent son dico que le petit Robert y a inscrit les « bombasses », enfin tout cela c’est « chelou », encore une nouvelle entrée du dictionnaire version 2013.


Si j’aurais pu, comme aurait dit le Tigibus de la Guerre des Boutons, j’aurais volontiers apporté ma pierre à l’édifice de l’enrichissement du vocabulaire en vous proposant un nouveau mot, le mot appauvristeur, dont j’aurais donné la définition suivante, ouvrez grand les guillemets et vos oreilles :

 

« Appauvristeur (n. m.) : Système fiscal testé avec succès dans la France des années 2010 et consistant à créer un aspirateur à pauvreté, dans lequel une majorité d’imbéciles se trouve toujours trop riche pour éviter de se faire tondre par les impôts mais jamais assez pauvre pour tirer profit du système. Ex. : la Cour de Cassation vient de décider en catimini dans un arrêt du 5 avril 2013 que les parents d’enfants nés à l’étranger, arrivant en France même illégalement, auront le droit de percevoir les allocations familiales. Parallèlement, les contribuables qui financent les mêmes allocations familiales verront leur quotient familial réduit pour éviter provisoirement que le système explose.  Dans les sous-sols de Bercy, l’appauvristeur a été utilisé par les bourreaux de la Direction des Finances comme instrument de torture pour pouvoir mieux étrangler les classes moyennes.»


La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence des quarts de finale de Roland Garros sur la détérioration des relations franco-suisses.

 

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
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