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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 21:54

Quel beau pays que la France ! Nous ne vanterons jamais assez ses 365 fromages, son littoral, ses paysages, ses grands Bourgogne et surtout, surtout, son génie normatif, qui de Cambacérès à Michel Debré, de Napoléon à Philippe Pétain nous a permis d’extraordinaires créations telles que le Code Civil, le statut des juifs ou la Vème République. On n’y peut rien, on est comme ça, nous les Français, on est imbattable pour tout codifier. L’Italien parle avec les mains, l’Anglais mange du poulet à la menthe, l’Espagnol danse le flamenco, l’Allemand boit de la bière, le Français, lui, il crée des normes. Il ne peut pas s’empêcher de pondre des textes merveilleux qui rendent la vie tellement plus simple et plus enthousiasmante.

J’ai déjà eu l’occasion de partager avec vous ma profonde admiration pour ces héros de l’ombre, pour ces scribouillards anonymes qui, terrés au fond d’une sous-pente de leur ministère, mal assis sur leur rond de cuir et à la lueur d’une chandelle finissante, produisent des textes indispensables, comme celui qui prévoit des amendes pour l’odieux malotru qui oserait fumer dans sa voiture en présence d’un enfant de moins de douze ans ou encore ce morceau d’anthologie que constitue à lui seul le décret qui mesure ce qu’est la pénibilité au travail.

Nous venons incontestablement de franchir début novembre une nouvelle étape dans ce bouillonnement créatif, et je tremble à l’idée que, sans l’intervention de votre serviteur, l’ingrate besogne des vaillants hussards de la république administrative aurait pu rester dans l’ombre.

Le décret 2014-1342 du 6 novembre 2014 vient en effet résoudre définitivement un problème qui n’a que trop embarrassé les Français en instituant qu’à partir de dorénavant, l’obligation de construire une cloison entre les chiottes et la cuisine ou la salle à manger a vécu ! Tout cela, c’est du passé. On peut désormais, grâce à ce fameux décret, faire communiquer « cabinets d’aisance » (pour reprendre la terminologie administrative) et cuisine ou séjour. Supprimer l’obligation de séparer les toilettes des pièces de vie, voilà incontestablement une mesure nécessaire et attendue, une mesure qui devrait libérer de la croissance et de l’emploi. Je n’aurai donc qu’un mot : vive les chiottes libres, vive les cagoinces au milieu du salon, vive l’épluchage des patates assis sur le trône, vive le génie Français !

Quand on pense que des esprits chagrins voudraient faire de la France le mauvais élève de l’Europe ! Merkel n’a qu’à bien se tenir : oui, Madame la Chancelière, la France avance sur la voie du choc de simplification promis par son éminent Président, oui Madame, la France se réforme, la preuve vous est maintenant mise sous le nez, mais ne respirez pas trop fort, ça pourrait sentir.

Quant à moi, en ce 143ème mercredi après « Moi Président », et grâce au concours d’une administration aussi utile et performante, je me sens fier d’être Français et pleinement rassuré sur la capacité de notre pays à courir dans le peloton de tête du concert des nations.

La semaine prochaine, je vous apprendrai à décaper le moteur de votre voiture avec seulement un demi-litre de Beaujolais nouveau.

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 20:24
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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 11:38
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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 08:41
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 07:32
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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 08:20

Entendez-vous, dans nos campagnes, non pas mugir ces féroces soldats, mais chanter ces voluptueuses sirènes ? Ceux qui en ont fait l’expérience vous le diront tous : il est difficile de garder la tête froide lorsqu’elles entonnent leur mélopée. Alors que quand Mireille Mathieu se met à chanter, neuf virgule trois individus sur dix ne perdent pas leurs moyens selon le dernier baromètre Ipsos.

Elles ont chanté, les sirènes, et tout d’abord dans l’espace. Je ne sais si vous l’ouïtes, mais c’est un instant de magie que je vous invite à découvrir. La sonde Rosetta qui a largué la semaine dernière le robot Philaé vient de livrer sur son compte internet la chanson de la comète Tchouri, à moins que ce ne soit la chanson de la sonde Rosetta elle-même, les scientifiques ne savent pas trop mais ma grand-mère est formelle : une sonde ne chante pas, et j’ai tendance à la croire car ça fait deux mois déjà qu’elle est sondée.

Laissez-nous donc rêver : décrétons que ce chant était celui de la comète. Ces quelques secondes d’un bruit qu’on trouverait ici-bas normal, anodin, banal ou simplement rasoir deviennent un moment de pure grâce et d’étonnement quand on sait que ledit bruit a été capté à un peu plus de 500 millions de kilomètres de chez nous. Se pourrait-il que là-bas aussi des sirènes cherchassent à perdre les marins intergalactiques au (long) cours de leur céleste navigation ?

Le chant des planètes est une idée parfaitement incongrue, vertigineuse au sens premier du mot, une idée tellement hors de portée de notre pauvre entendement. Elle nous confronte à l’infiniment grand. Elle nous renvoie à notre finitude. Elle nous remet à notre place, si petite, quelque part à l’intérieur de ce tout immense qui nous dépasse, nous enveloppe, nous absorbe, nous fascine.

Cette idée effrayante que nous ne sommes rien ou si peu de choses : écouter les comètes qui chantent ou regarder une photo de François Hollande, de ces deux façons de contempler le néant, je choisis sans ambages de larguer les amarres pour de galactiques contrées.

Cependant, le chant des sirènes est dangereux, et le ciel sait si elles ont chanté cette semaine. Elles sont venues susurrer des chants de guerre et de combat aux oreilles d’un Poutine qui n’a que mépris pour les pleutres qui gouvernent le monde, à la Maison Blanche en premier lieu ; des chants de guerre mais aussi des chants de gloire à l’adresse de la Russie éternelle qui a réussi à mettre dans sa main une Europe impuissante et dépendante de son énergie. Comment Poutine pourrait-il ne pas céder au charme de ces sirènes qui le caressent dans le sens du poil, lui et ses envies de puissance ?

Pourtant, la sirène est dangereuse, on ne le répètera jamais assez. Elle égare le Normand, lui fait perdre la direction de son champ de pommiers et le détourne de ses barriques de cidre. Elle l’amène vers des terres arides irriguées du sang de victimes immolées ; elle arme son bras au service d’une innommable barbarie qui ne recule devant rien, même pas devant l’outrecuidance de vouloir mêler Dieu à tout ça.

La semaine prochaine, je réécrirai ma chronique de fond en comble, ou bien alors je l’abrogerai, c’est la même chose et ça ne coûte pas très cher.

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 07:21
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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 21:26

La semaine dernière, les agriculteurs ont manifesté un peu partout pour protester contre les contraintes réglementaires, les normes et tout le tintouin. Je voudrais joindre ma voix à celle des paysans pour crier avec eux un vibrionnant "Stop !"

Arrêtez de nous empêcher d’avancer, d’innover, d’inventer, de produire… de vivre en somme, avec vos normes à la noix, vos réglementations à la mords-moi-le-chose. Tout devient tellement compliqué qu’il vaut mieux aujourd’hui, où qu’on soit, faire le choix de ne rien faire. Qu’il soit élu, chef d’entreprise, adhérent d’une association, gare à celui qui aura une idée ! Le téméraire qui osera tenter de gravir la montagne de la réglementation empruntera un chemin escarpé, mal balisé, parsemé d’embûches et de pièges, et s’il n’arrête pas lui-même par découragement, il prend le risque de se faire précipiter dans le vide.

Si du temps de Don Quichotte celui qui voulait voyager loin devait ménager sa monture, aujourd’hui, celui qui veut aller loin devrait préférer, ô paradoxe, l’immobilisme ! C’est moins risqué, beaucoup plus simple au final. Seulement, si ça se trouve, ce n’est pas comme cela qu’on pourra s’en sortir.

Pour illustrer mon propos, je voudrais vous donner lecture d’un court extrait du décret censé définir la pénibilité au travail. C’est presque passé inaperçu, mais c’est pourtant édifiant. On apprend ainsi à l’article D.4161-2 du Code du Travail qu’est pénible un métier produisant des vibrations transmises aux mains et aux bras dont la valeur d’exposition rapportée à une période de référence de 8 heures est de 2,5 m/s2 pendant 450 heures par an alors que, tenez-vous bien, quand les vibrations sont transmises à l’ensemble du corps, la valeur d’exposition rapportée à une période de référence de 8 heures n’est, elle, que de 0,5 m/s2. Pour les ignares qui ne connaîtraient pas les m/s2, il faut savoir que, je cite : « l’exposition s’évalue comme la valeur efficace de l’accélération en m/s2 pondérée en fréquence, mesurée selon trois axes orthogonaux ». Je n’invente rien, c’est écrit en toutes lettres sur le site travailler-mieux.gouv.fr, et ça, ça ne peut pas s’inventer non plus !

Quel est, honnêtement, l'illuminé qui a pondu cela ? Comment est fait cet homme ? Est-il constitué comme vous et moi ? Où vit-il ? Que fait-il de ses journées ? Comment parle-t-il à ses enfants ? Leur dit-il : "Attention, tu vas renverser la casserole !", ou bien : "Mon fils, la rotation coaxiale de votre humérus devrait entraîner rapidement une sur-humidification de l'ordre de 400 hl/ha de la surface du linoléum de la cuisine" ? On ne doit pas vivre sur la même planète, autant de génie dépasse l'entendement !

Avec de la belle réglementation comme ça, parce qu’il faut tout de même reconnaître que c’est de la belle ouvrage, quel inconscient oserait entreprendre ?

La norme permet de fabriquer des usines à gaz et la pénibilité n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. La réglementation, dont le but, il ne faut pas l’oublier, doit être de clarifier les choses, crée de l’incertitude, des conflits à venir, du travail pour des tribunaux déjà engorgés, des tas de choses certes, mais pas l’once d’une envie d’entreprendre.

Pendant ce temps-là, la France continue de se laisser distancer par la plupart de ses concurrents, mais nous, Monsieur, quand nous mourrons, ce sera dans la norme !

La semaine prochaine, je vous raconterai l’histoire du mec qui aurait dit un truc à un autre mec et puis il ne fallait pas qu’il le répète mais il l'a répété et puis après il a dit qu’il l’avait pas dit, mais comme il l’avait dit quand même il passe un peu pour un benêt, mais quand on connaît son patron, on n’est pas complètement surpris.

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 06:58
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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 22:16

J’avais décidé de prendre quinze jours de vacances « chroniquières » pour la Toussaint. J’appréciai la perspective du repos qui s’offrait à moi. Je savourai aussi, dois-je l’avouer, c’est un peu sadique, l’image de ces foules en détresse qui allaient se demander ce qui avait bien pu m’arriver pour que je me tusse ainsi. Mais de plaisir, de repos, de paix, il ne fut point question : l’angoisse a pris le dessus, la peur m’a tétanisé. Les journaux ont mis du temps à l’évoquer mais l’affaire des clowns sinistres fait grand bruit. Leur action malfaisante terrorise une population déjà éprouvée, mise à mal par la hausse des impôts, la montée du chômage et le retour de Mireille Mathieu. Ces affreux clowns sinistres empêchent la populace en liesse de préparer dignement les réjouissances de la mi-mandat de "Moi –Président". Pourtant il y a de quoi se réjouir : plus que deux ans et demi, on n’a jamais été aussi près de la fin ! Oui, les clowns sinistres font souffler sur la France un vent mauvais pour reprendre la métaphore en usage dans le cercle pas si fermé des pétomanes. Je n’ai pas osé sortir de chez moi de peur d’en croiser un. Un clown sinistre, pas un pétomane. J’avais le trouillomètre tellement à zéro que j’aurais même été heureux de tomber dans une rue sombre sur un mort-vivant d’Halloween, un vampire, une faucheuse ou un Frankenstein, n’importe qui plutôt que ces affreux clowns qui sèment la terreur.

Heureusement, en France, au pays de l’assistanat généralisé, le gouvernement pense pour nous et pourvoit à notre bien-être. Alors la clown-team gouvernementale s’est un peu surpassée pour nous distraire, avec la drôlissime Fleur Pellerin, ministre de la Culture, qui s’est révélée incapable de citer le nom d’un ouvrage de Modiano (non Fleur, ce n’est pas Marcel Modiano, c’est Patrick son prénom), Modiano, qui vient quand même de décrocher le prix Nobel de littérature, rien que ça. Fleur Pellerin, incarnation de la Culture de notre glorieuse république, qui cale sur la question, avoue ensuite sans ambages ne pas avoir ouvert un livre depuis deux ans : même pas un « Femme Actuelle » ou un « Oui Oui », même pas une notice IKEA ! En même temps, si on demandait à Patrick Modiano ou au premier clampin venu dans la rue qui est Fleur Pellerin, il n’est pas sûr que le taux de bonnes réponses dépasse de beaucoup le nombre d’ouvrages dévorés par ladite ministre depuis deux ans… Après Pellerin, la petite Vallaud Belkacem a également été appelée à la rescousse en se prononçant devant l’Observatoire de la Laïcité pour le port du voile par les mamans dans les sorties scolaires, au nom, très certainement, de la même laïcité. Et puis Miss Taubira, de son côté, a osé déclarer sans sourire qu’il fallait supprimer la bourse au mérite, symbole de l’inégalité : c’est vrai, ça, c’est quoi ce gouvernement qui encourage non seulement ceux qui bossent, mais en plus ceux qui réussissent ? Il était quand même grand temps de réagir !

Alors face à tout cela, la droite se mobilise, vous avez remarqué ? Depuis que Sarko ne vend plus, c’est Juppé qui a le vent en poupe. Juppé, 69 ans cette année, 72 ans en 2017 s’il doit être candidat à la présidentielle, Juppé déjà ministre en 1986, Juppé symbole du renouveau. C’est tout de même dommage que la sénilité de Chirac l’empêche d’incarner l’avenir, mais il ne faut pas désespérer.

Et si la politique ne fait plus recette, il nous restera le syndicalisme : adhérez à la CGT, votre cotisation permettra de financer la rénovation de l’appartement parisien de M. Le Paon, secrétaire général dudit syndicat, porte-parole de la classe ouvrière, hébergé aux frais de la princesse dans un logement refait à neuf pour 130.000 €, des peccadilles acquittées par le prolétariat en déroute et vos impôts, car c’est encore là la plus grande source de revenus de ce ramassis de privilégiés.

En pensant à tout cela, j’ai de nouveau pris peur : et si au final c’était tout ce petit monde la bande des clowns sinistres qui sème la désolation ?

La semaine prochaine, je vous parlerai de la joie de mon chien lorsque je lui ai appris qu’il était un être vivant sensible.

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Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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    Comme on voit au printemps la diligente abeille

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    Des sottises du temps je compose mon fiel..."   (Boileau)

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